L’impact du smartphone sur la santé

danger du smartphone

En quelques années, les smartphones ont envahi nos vies pour le meilleur… et pour le pire ?En effet, comment évaluer les effets des téléphones portables sur notre santé alors que leur usage intensif ne date que d’il y a peu ?

La facilité d’usage, l’aspect ludique avec les écrans tactiles, la connexion nomade à internet et aux réseaux sociaux : autant d’avancées technologiques qui nous rendent de plus en plus dépendants de nos « précieux ». En Suisse, presque 100 % des 15-25 ans ont un smartphone, utilisé surtout pour internet. Les « silver surfeurs » (les seniors) ne sont pas en reste avec une proportion qui a dépassé les 65 %.

Mais, une étude scientifique chassant l’autre, il est difficile de se faire une idée de l’impact de ces nouveaux outils sur nos vies et notre santé, dans un monde hyper-commercial où les chercheurs sont souvent payés par les fabricants pour atténuer les aspects négatifs des nouvelles technologies.

Cependant, certains soucis de santé commencent à faire parler d’eux : addiction, usages dangereux, troubles musculaires, du sommeil, impact des ondes électromagnétiques, etc.

Sans être exhaustif, voici ci-dessous une liste des effets possibles de l’abus d’utilisation des téléphones mobiles sur la santé et quelques pistes de solutions à mettre en place pour que nos smartphones ne nous pourrissent pas la vie, au propre comme au figuré.

Accidents de la route : au volant… 

L’usage du téléphone portable accapare une grande partie de notre cerveau, que ce soit pour des appels téléphoniques, des SMS, des jeux et autres applications comme les GPS.

Le manque de vigilance dû au smartphone est la première cause d’accidents graves en Suisse romande, avant la vitesse et l’alcool ! (*)

Utiliser un téléphone sans dispositif « mains libres » en conduisant peut vous valoir une amende de 100 CHF… mais aussi de sérieux accidents. Il a été démontré que l’usage d’un smartphone atténue sensiblement la vision périphérique. Ce qui en terme de conduite équivaut à ne rien voir ni à gauche ni à droite… Et à multiplier par trois le risque de provoquer un accident.

Avoir les yeux sur le smartphone présente d’autres conséquences néfastes : cela augmente le temps de freinage et de réaction, rend difficile le maintien d’une conduite adaptée à l’environnement et peut provoquer un stress incompatible avec une conduite douce.

Cependant, si les kit « mains libres » sont autorisés en Suisse, beaucoup de recherches, en particulier au Royaume-Uni et en France, pointent du doigt que le bavardage au téléphone en conduisant est lui aussi dangereux. Contrairement à la conversation avec des passagers. Le Bureau de Prévention des Accidents indique que le risque d’accident lors d’un dialogue avec ou sans kits mains-libres est le même.

Envoyer des SMS est encore plus périlleux car lire et écrire impliquent plus de temps sans regarder la route ou les jauges. Lire un SMS très court prend en moyenne 5 secondes, cela multiplie par 23 le risque d’accidents !

C’est aussi une mauvaise idée de regarder ou écouter un GPS sur le smartphone. En plus de la panique, ou du moins l’agacement de se sentir perdu, la conduite devient plus dangereuse et moins fluide. On peut, dans l’urgence ou l’incompréhension des « ordres » du GPS, adopter un comportement autrement dangereux : freinages brusques, coups de volant, etc.

Bref, smartphone et conduite ne font pas bon ménage, surtout si vous souffrez du fameux syndrome FOMO (pour Fear Of Missing Out), c’est-à-dire que vous être hyperconnecté et que vous avez peur de rater un tweet, un SMS, une actualité… Une seule solution pour votre bien dans ce cas : éteindre votre téléphone pendant les trajets, le mettre en mode « avion » ou bien le caler au fond du coffre ou d’un sac à l’arrière.

Il existe des applications pour mobiles pouvant indiquer à vos proches, collègues et amis, en une seule pression ou même automatiquement, que vous êtes en train de conduire.

…et à pieds : l’attaque des smombies.

Il est rigolo de voir sur internet des personnes tellement absorbées par la lecture des nouvelles fraîches des réseaux sociaux sur l’écran de leur smartphone qu’ils se cognent à un mur ou plongent dans une fontaine. On nous montre rarement les blessures sérieuses des piétons tombant dans des trous de chantiers, renversant des enfants ou traversant sans regarder et se retrouvant sous les roues d’un véhicule. Dans certaines villes, les autorités ont mis en place des trottoirs spéciaux pour les utilisateurs de téléphones mobiles.Les accros aux smartphones qui envoient des SMS ou regardent leur fil Twitter en permanence, comme le font 90 % des jeunes, sont dangereux pour eux et pour les autres, à tel point qu’on les appelle les « smombies », contraction de smartphones et zombies !Certains pays ou villes sévissent par des amendes pour ces piétons distraits et dangereux.

Autre souci avec les smartphones : l’écoute de musique qui isole de l’environnement et donc des possibles alertes sonores (bruits de moteurs, de freins, appels à l’aide ou à l’attention, etc).

Attention les yeux

Les écrans modernes font mal aux yeux, ceux des smartphones encore plus : leurs écrans étant plus petits que ceux des ordinateurs, nous demandons plus d’efforts à nos yeux et l’écran est plus près d’eux.

Leur utilisation prolongée entraîne yeux secs, migraines, fatigue, vision floue.Les myopies étaient auparavant souvent d’origine héréditaire ; avec l’arrivée des écrans, chez les plus jeunes, est apparue la myopie comportementale.

Il faut apprendre à nos ados (mais c’est aussi recommandé aux adultes) la nécessité de faire des pauses de quelques dizaines de secondes toutes les vingt minutes. Le but est de profiter de ce « temps mort » pour regarder au loin (voir plus bas la règle des 20-20-20).

La lumière bleu-violet diffusée par les écrans est aussi nocive pour la rétine. Elle entre dans les causes de la prolifération des fameuses DMLA(Dégénérescences Maculaires Liées à l’Age) qui apparaissent aussi plus tôt.

Les enfants dont le cristallin n’est pas mature sont à protéger fortement.

Les « modes nuit » et les lunettes de soleil atténuent l’effet « écran bleu ».

La règle des 20-20-20 : Mais pour une protection optimum, que ce soit pour les enfants ou les adultes, il est fortement conseillé de faire une pause toutes les vingt minutes. Le but est de porter sa vue pendant moins une demi-minute au loin afin de soulager les yeux. Si cela peut paraître fastidieux, n’oublions pas que l’impact d’une surexposition aux écrans est déjà mesuré : on assiste dans le monde entier, et notamment en Suisse, à une véritable épidémie de myopie comportementale.

Dans les années 90, le scientifique Jeffrey Anshel identifie déjà le « computer vision syndrome » et propose à ses patients de suivre une règle facile à se remémorer :- une pause toutes les 20 minutes,une pause de 20 secondes,le regard doit se porter à au moins 20 pieds, soit 6 mètres (et non pas 20 mètres comme l’ont avancé certains scientifiques francophones peu habitués aux conversions).

Il existe quelques applications pour mobiles qui permettent de mettre en place une alarme toutes les 20 minutes.

Oreilles : gare aux oreillettes

Écouter à fond votre nouvelle playlist peut durablement endommager votre oreille interne et entraîner sur le long terme une perte d’audition irrémédiable. Certains troubles de l’audition, qui n’apparaissaient que vers l’âge de 60 ans, sont de nos jours présents dès 40 ans !

L’écoute de musique doit se faire dans un environnement tranquille pour protéger nos oreilles : on a tendance à augmenter le son quand il y a des bruits (circulation par exemple) autour de nous. Les adolescents sont de plus en plus touchés par les acouphènes, l’hyperacousie et la sensation d’avoir les oreilles bouchées.

D’après les spécialistes de l’audition, il faut éviter les oreillettes qui envoient le son directement dans le conduit auditif et privilégier les casques. Cependant, les casques audio augmenteraient, eux, la pression des ondes sonores sur notre oreille interne.

Il faut par conséquent limiter l’écoute de la musique à l’aide de casques et d’oreillettes, surtout chez les plus jeunes.

Nuque, épaules, cervicales et colonne vertébrale

Lorsque notre tête est penchée en avant, même légèrement, lors de l’envoi d’un SMS ou de la vision du nouveau clip de notre star préféré, les muscles et tendons de nos épaules et de notre nuque sont mis à contribution dans une position peu naturelle. 

Des douleurs peuvent alors voir le jour, on appelle cela outre-Atlantique le « text neck » : la maladie de la « nuque du texto » qui peut s’étendre à des troubles musculaires des cervicales et de la colonne vertébrale.

Celle-ci doit soutenir une tête de presque 5 kilos à longueur de journée. Mais l’inclinaison de votre tête lors de l’utilisation d’un smartphone implique un effort peu commun de la colonne, comme si on rajoutait vingt kilos à votre tête.

Tendinite aux mains : TLS contre SMS

Après le « text neck », passons au « text claw » ou tendinite du SMS ou textonite

Les douleurs s’étendent des doigts aux coudes, des crampes peuvent apparaître sur le poignet ou les doigts. Si l’écriture des SMS peut en être la cause, ce sont surtout les jeux répétitifs et hypnotiques qui feront apparaître ce genre de troubles musculo-squelettiques (TMS°.

Acné : nettoyez votre écran

Et si les boutons d’acné de nos ados venaient en grande partie de leur utilisation abusive du portable ?

C’est ce qu’avancent certains dermatologues, ne montrant pas du doigt les bactéries comme le disent certains articles sur internet mais tout simplement la saleté. Si vos ados ont une concentration de boutons sur les joues ne cherchez pas plus loin. Les saletés accumulées sur les écrans bouchent les pores de la peau. Alors offrez-leur un kit de nettoyage !

Les vibrations fantômes hantent nos poches

Sans évoquer une maladie à proprement parler, certains accros au smartphone imaginent ressentir les vibrations d’un appel dans leur poche. Ce sont les vibrations fantômes. 

Si on peut sourire de ce « syndrome » de plus en plus fréquent, il démontre une certaine anxiété et le stress engendré par une utilisation abusive de son téléphone.

Sommeil et fatigue : réveillez-vous !

La fameuse lumière bleue artificielle fait croire aux yeux et au cerveau que le soleil est loin de se coucher et, donc, que ce n’est pas encore l’heure d’aller au lit. Dans les écrans de smartphones, cette lumière est plus intense.

De plus, certains utilisateurs laissent leur smartphone branché pendant leur sommeil. Le fait d’être joignable à tout moment, y compris la nuit, met le cerveau en alerte et altère aussi le temps de repos.

Le manque de sommeil peut faire apparaître, en plus de grandes fatigues, des maladies ou problèmes tel que l’obésité, diabète, difficultés de concentration, maladies cardiovasculaires, d’Alzheimer, suicide, etc.

La liste est longue si on se penche sur toutes les études scientifiques.Et surtout chez les enfants et adolescents, la fatigue,provoque de graves problèmes de croissances physiques et psychiques. La seule solution qui existe est ne pas toucher à son smartphone une bonne heure avant de dormir…

Dépression : attention aux réseaux sociaux

Les réseaux sociaux, c’est bien connu, ne nous veulent pas que du bien.

Certains états dépressifs sont issus directemnt de l’utilisation continue des réseaux sociaux. Ils font très souvent baisser l’estime de soi par un jeu de comparaison avec les autres : « amis », stars, influenceurs, etc. La baisse de « like » ou les harcèlements pèsent notablement sur le regard qu’on porte sur soi et ouvrent la porte à des dépressions qui peuvent être graves surtout lors de la construction de l’enfant.

Autre sujet de dépression : la frustration.  Entre la pression sociale d’avoir le dernier smartphone, le fait qu’internet nous fait penser qu’on peut tout avoir de suite et le “faux moi” qu’on présente sur les réseaux, la frustration peut être à son comble et multifactorielle. 

Ondes : dans le doute…

Il est vraiment difficile de se faire une opinion sur la nocivité des ondes émises par les smartphones. L’étude de l’impact de ses fameuses ondes électromagnétiques sur la santé est souvent financée par les opérateurs de téléphonie ou les marques de smartphones elles-mêmes. De quoi induire un doute sur leur impartialité et une peur des risques sanitaires.

Quoi qu’il en soit, il vaut mieux éviter une trop forte exposition aux ondes électromagnétiques et regarder attentivement le DAS ou Débit d’Absorption Spécifique (SAR en anglais pour Specific Absorption Rate) des téléphones. Mesuré en watt par kilogramme, cet indice mesure la quantité d’énergie absorbée par l’usager confronté à une émission d’ondes électromagnétiques.L’existence même du DAS peut faire penser que les émissions d’ondes sont surveillées par les pouvoirs publics.

Si certaines marques font des efforts, d’autres, sous prétexte de performances, ont un DAS assez élevé, comme la plupart des iPhone et certains Honor. Suivant les modèles, les DAS des smartphones Huawei passent de 0,36 W/kg pour le P8 Lite à 1,7 pour le Huawei P8. Les constructeurs de chez Samsung, eux, font apparemment attention à mettre sur le marché des portables au DAS relativement faible en moyenne.

Il est surtout primordial de rappeler ici le cas particulier des enfants. 

Lors de l’utilisation de téléphones portables, le taux d’absorption mesuré dans leur crâne est pratiquement deux fois plus important que celui d’un adulte. Il est recommandé par certains professionnels d’éviter leur utilisation par des enfants de moins de 15 ans dont la protection et la « construction » du cerveau ne sont pas finalisées.

Dans le même ordre d’esprit, éviter de laisser un bébé ou une femme enceinte à portée des smartphones.

La multiplication des ondes reçues par le corps humain et la proximité de nos téléphones avec des organes vitaux – cerveaux (lors de l’appel), cœur, poumons et appareils génitaux (portable dans la poche) – représente pour certains chercheurs un véritable problème de santé dont les effets se feront sentir dans les prochaines années.

Il faut alors toujours préférer l’utilisation d’une oreillette, ne pas ranger son portable près d’organes vitaux, ne pas dormir avec son portable à moins de 50 cm de la tête, et surtout, éviter une forte exposition aux ondes électromagnétiques aux enfants.

Enfants et smartphone :  pas compatibles

L’utilisation des smartphones par les enfants devrait suivre des règles bien strictes voire être interdite par les parents. Mais dans les faits, cela paraît difficile.

Même si certains chercheurs pointent du doigt la nocivité des ondes électromagnétiques, il n’est pas rare de voir de jeunes enfants s’en servir. Quant aux adolescents, leur utilisation dépasse parfois plus de 4 heures par jour devant un écran de mobile, tablette ou ordinateur connectés à internet.

Il ne faut pas oublier que le corps des enfants est en plein développement, que la fragilité des organes (oreilles, yeux, cerveau) est plus grande que celles des adultes.

Cependant, il ne faut surtout pas minimiser les dangers de l’utilisation du portable lui-même.

Comme on l’a dit, le cerveau des jeunes est plus perméable aux ondes électromagnétiques, mais beaucoup d’études montrent que l’impact psychologique est aussi alarmant : addiction, frustration, manque de concentration, écroulement de la capacité de mémoire, d’attention, de coordination, etc.

La liste paraît bien longue des impacts de l’utilisation des smartphones et autres écrans connectés sur les petits. Les parents doivent être informés des risques et surtout accompagner doucement les enfants dans l’utilisation des smartphones dans un souci de protection et de pédagogie.

Règles des 3-6-9-12 ans
Voici ce que beaucoup de pédiatres conseillent : pas d’écran avant 3 ans, pas de jeux vidéos avant 6 ans, pas d’internet avant 9 ans, pas d’internet tout seul avant 12 ans, ce qui inclut les réseaux sociaux.

Il est bien rare que nous arrivions à suivre ces règles qui paraissent drastiques et la pression sociale est souvent forte. Les parents n’ont pas été éduqués à l’utilisation des portables, objets qui n’existaient pas dans leur enfance. Il n’y a donc pas de base d’éducation de cet outil aux multiples dangers, souvent minorés par les fabricants et opérateurs de téléphonie mobile.

Addiction : le bouquet final

L’addiction au smartphone touche toutes les tranches de la population, mais particulièrement les enfants et les adolescents. Ce n’est pas un léger « dysfonctionnement », c’est une vraie maladie identifiée sous le nom de nomophobie ou no mobile phobia. La peur de la perte du smartphone toucherait presque 70 % de personnes.

Les notifications et autres sollicitations entraînent des réflexes, des angoisses, du stress, des besoins obsessionnels, de dépressions, etc. Voire des attaques de panique.

Les réseaux sociaux remplacent la « vraie vie » et peuvent détruire la sociabilité des utilisateurs addicts. Le FOMO (Fear Of Missing Out) dont on parlait plus haut pollue tout lien social.

Un arrêt volontaire ou non de l’utilisation des téléphones portables engendre les mêmes symptômes qu’un sevrage de drogues dures.

Cette dépendance, par l’utilisation massive et prolongée des téléphones portables, entraîne bien évidemment tous les problèmes de santé ci-dessus.

Pour conclure, deux mots : modération et éducation.

Modération : il faut se freiner dans ses usages, quels qu’ils soient, des smartphones non seulement pour éviter les dangers ci-dessus mais aussi pour montrer l’exemple aux plus jeunes.

Éducation : en effet, l’usage par les enfants de cet appareil incroyable doit être encadré et s’accompagner d’une pédagogie de l’usage intégrant les aspects négatifs sur la santé. Un bon début serait peut-être de lire en leur compagnie cet article et d’en discuter.

Enfin, pour finir sur une note positive, il est utile de rappeler que les smartphones sauvent aussi bien des vies tous les jours, entre autres en facilitant les appels aux services de secours.

(1) https://www.rts.ch/info/suisse/9315016-les-kits-mains-libres-au-volant-peuvent-aussi-mener-a-une-condamnation.html